Passeport de prévention : espace employeur ouvert

Passeport de prévention

Ce qui change pour les employeurs en matière de formations santé-sécurité au travail

Depuis le 16 mars 2026, les employeurs disposent d'un accès dédié au sein du passeport de prévention. Cette ouverture marque une étape décisive dans la dématérialisation du suivi des formations en santé et sécurité au travail (SST). Concrètement, chaque entreprise peut désormais consulter et gérer les attestations de formation de ses salariés via un espace numérique centralisé.

Le dispositif, porté par la Caisse des dépôts pour le compte du ministère du Travail, vise à garantir une traçabilité complète des compétences acquises par les travailleurs en matière de prévention des risques professionnels. Pour les employeurs, c'est à la fois une obligation réglementaire à venir et un outil de pilotage précieux.

Un calendrier en deux temps à respecter impérativement

L'ouverture de l'espace employeur s'accompagne d'un calendrier précis que chaque acteur doit anticiper.

Les organismes de formation ont jusqu'au 30 juin 2026 pour déclarer l'ensemble des formations SST dispensées. Habilitations électriques, travail en hauteur, manipulation de produits chimiques, gestes et postures… toutes les formations relevant de la santé et de la sécurité au travail sont concernées.

Les employeurs, quant à eux, disposent d'un délai courant jusqu'au 30 septembre 2026 pour renseigner les formations qu'ils organisent en interne ou qu'ils ont fait suivre à leurs salariés. Cette échéance concerne notamment les formations obligatoires assurées directement par l'entreprise, comme l'accueil sécurité ou certaines formations spécifiques au poste de travail.

Au-delà de ces premières dates, l'objectif affiché est clair : à terme, toutes les formations en santé-sécurité devront être enregistrées dans le passeport de prévention.

Pourquoi anticiper dès maintenant ?

Attendre les derniers jours avant l'échéance serait une erreur. Plusieurs raisons justifient de s'y prendre tôt.

D'abord, le volume de données à renseigner peut être conséquent, surtout pour les entreprises comptant de nombreux salariés exposés à des risques professionnels. Recenser les formations suivies, vérifier leur validité et les saisir dans l'outil demande du temps.

Ensuite, la prise en main de la plateforme elle-même nécessite une phase d'appropriation. Identifiants, droits d'accès, navigation dans l'interface… mieux vaut s'y familiariser avant d'être pressé par les délais.

Enfin, un enregistrement précoce permet de détecter d'éventuelles lacunes dans le plan de formation : certifications expirées, formations manquantes pour certains postes, recyclages à planifier. Le passeport de prévention devient ainsi un véritable tableau de bord de la conformité SST de l'entreprise.

Ce que contient le passeport de prévention

Le passeport de prévention regroupe l'ensemble des attestations, certificats et diplômes obtenus par un salarié dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail. Il est rattaché au salarié et le suit tout au long de sa carrière, indépendamment de ses changements d'employeur.

Pour l'employeur, l'espace dédié offre une vision consolidée des compétences en prévention de ses équipes. Il permet de vérifier rapidement si un salarié dispose bien des formations requises pour le poste qu'il occupe, et d'identifier les besoins de renouvellement ou de mise à jour.

Le salarié, de son côté, conserve un accès personnel à son passeport et reste maître des informations qu'il souhaite rendre visibles à son employeur actuel ou futur.

Les étapes concrètes pour les employeurs

Pour se préparer efficacement, voici la marche à suivre :

  1. Se connecter à l'espace employeur du passeport de prévention via le portail officiel, en utilisant les identifiants liés au numéro SIRET de l'entreprise.
  2. Recenser les formations SST déjà réalisées en interne ou via des organismes extérieurs.
  3. Vérifier auprès des organismes de formation que ces derniers ont bien procédé à leurs propres déclarations avant le 30 juin 2026.
  4. Saisir les formations internes avant le 30 septembre 2026.
  5. Mettre en place un processus de suivi pour que chaque nouvelle formation soit déclarée au fil de l'eau.

Les services RH, les responsables sécurité et les référents formation sont les premiers concernés par cette mise en conformité. Une coordination entre ces acteurs est essentielle pour éviter les doublons ou les oublis.

Un dispositif appelé à se généraliser

Le passeport de prévention s'inscrit dans la continuité des réformes engagées pour renforcer la prévention des risques professionnels en France. À mesure que le dispositif montera en puissance, il deviendra un outil incontournable lors des contrôles de l'inspection du travail, des audits de certification ou encore des procédures de sous-traitance.

Pour les employeurs, s'y conformer dès aujourd'hui, c'est prendre une longueur d'avance et démontrer un engagement concret en faveur de la sécurité de leurs salariés.

Jean-Philippe Barret

Jean-Philippe Barret

Expert terrain depuis plus de 30 ans en santé et sécurité au travail. Co-fondateur de SECUTOP, Jean-Philippe accompagne TPE et grands groupes dans la mise en conformité réglementaire. IPRP enregistré DREETS Auvergne Rhône-Alpes.