Changement climatique au travail : 1 salarié sur 2 déjà touché en 2026

soleil

Il y a encore quelques années, la chaleur au travail relevait presque du non-sujet en entreprise, tout juste bonne à justifier un ventilateur d'appoint en open space. Le Baromètre 2026 de la santé au travail, publié par VerbaTeam en partenariat avec l'institut Viavoice, montre que ce temps est révolu. Sur fond de nouvelle vague de canicule, l'étude établit que 87 % des salariés font désormais un lien direct entre changement climatique et enjeux de santé. Et surtout : un salarié sur deux déclare déjà en subir les effets, physiques ou mentaux.

Un risque qui sort du seul cadre de la chaleur

L'étude ne se limite pas aux coups de chaud de l'été. Elle interroge plus largement la manière dont les aléas climatiques s'installent comme facteur de risque professionnel à part entière, avec des répercussions qui débordent largement la seule fatigue physique : troubles de la concentration, irritabilité, anxiété liée aux épisodes extrêmes. C'est un changement de regard notable : le climat n'est plus perçu comme une nuisance ponctuelle, mais comme une composante durable de l'exposition aux risques professionnels.

Les salariés attendent leur employeur au tournant

Autre enseignement fort du baromètre : 76 % des salariés considèrent que l'employeur a un rôle majeur à jouer dans la prévention de ces impacts. Le message est clair, ce n'est plus perçu comme une question individuelle de bonnes habitudes (boire de l'eau, s'aérer), mais comme une responsabilité qui incombe à l'organisation du travail elle-même.

Un écart net entre attentes et actions perçues

C'est là que le bât blesse. Seuls 15 % des salariés sont certains que leur entreprise a mis en place des actions de sensibilisation sur le sujet, et à peine 51 % se sentent correctement informés des conséquences du climat sur leur travail. Concrètement, les entreprises ont largement pris du retard sur les attentes de leurs équipes, dans un contexte où l'obligation d'intégrer le risque chaleur au DUERP est pourtant en vigueur depuis juillet 2025.

Ce que ça implique pour les services HSE

Ce baromètre arrive à un moment où le sujet n'est plus seulement une question d'image, mais aussi une question de conformité. Le risque chaleur doit déjà figurer dans le document unique d'évaluation des risques professionnels, avec l'adaptation des postes, la fourniture d'eau fraîche et la formation des salariés qui en découlent. Les chiffres du baromètre donnent un argument supplémentaire pour muscler ces actions : au-delà de l'obligation réglementaire, c'est une attente désormais très majoritaire côté salariés, qui risque de peser de plus en plus dans le climat social et la marque employeur.

Les chiffres clés à retenir

  • 87 % des salariés font le lien entre changement climatique et santé
  • 1 salarié sur 2 dit déjà souffrir des effets de la chaleur au travail
  • 76 % attendent un rôle actif de leur employeur
  • 15 % seulement sont certains que leur entreprise agit concrètement
  • 51 % se sentent correctement informés sur le sujet
Jean-Philippe Barret

Jean-Philippe Barret

Expert terrain depuis plus de 30 ans en santé et sécurité au travail. Co-fondateur de SECUTOP, Jean-Philippe accompagne TPE et grands groupes dans la mise en conformité réglementaire. IPRP enregistré DREETS Auvergne Rhône-Alpes.